Dr Mohamadou Hassimi

Adamaoua 24 : Vous venez de clôturer la 2ème édition de la semaine d’excellence de l’hôpital dont vous avez la charge. Quel bilan peut-on faire au terme des activités ?

Dr Hassimi : Le bilan est satisfaisant à plus d’un titre. La 1ère des raisons c’est le feedback et l’appréciation faite par l’autorité administrative. Vous avez suivi le discours du gouverneur. Il a apprécié à sa juste valeur la semaine de l’hôpital et tout ce qui a été organisé, notamment la journée d’excellence Hamadou Dawa. La 2ème des choses, c’est les visites que nous avons reçues. C’est le feedback que nous avons reçu à travers la radio. Nous avons organisé sur la Crtv, une émission au cours de laquelle, nous avons échangé avec la population. L’objectif de la semaine de l’hôpital régional c’est bien évidemment d’avoir une critique objective de nos usagers, des populations pour lesquelles nous nous investissons. On a eu des critiques, on a eu des encouragements. C’est cet ensemble de choses qui nous permettra bien évidemment de corriger nos erreurs et de persévérer dans la bonne direction. La 3ème des choses c’est le bilan. Nous avons reçu environ 500 personnes qui ont à l’occasion de la semaine de l’hôpital, bénéficié des différentes prestations, des différentes facilités à elles offertes. Il s’agit notamment des consultations gratuites, des dépistages gratuits du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein, le dépistage du diabète de l’enfant. Dans ce cas nous avons eu beaucoup d’enfants qui étaient diabétiques, des enfants qui pissaient au lit. On pensait que c’était autre chose alors que c’était des cas de diabète. Nous avons reçu des centaines d’adolescents qui sont venus fréquentés notre unité de santé de reproduction des adolescents que nous appelons unité SRA. Cette unité est très importante parce que l’adolescence, c’est un moment particulier de développement de l’être humain. C’est un moment où on s’identifie aux adultes. C’est un moment où l’adolescent est un petit fou qui n’en fait qu’à sa tête. Il est donc par conséquent exposé. C’est pour cela que ces jeunes qui sont venus, ont profité des conseils en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles notamment en ce qui concerne les moyens de prévention et le traitement. Ces jeunes ont reçu des conseils sur comment porter les préservatifs. Ils ont reçu des conseils sur les conséquences des grossesses indésirées et les avortements. Le contact que nous avons eu avec ces centaines de jeunes, c’est un contact que nous voulons permanent parce que nous devons suivre ces adolescents, nous devons leur faciliter l’accès à la structure hospitalière en toute discrétion. Nous avons fait bénéficier également à près de 200 personnes, une réduction de 30% sur nos examens de laboratoire. Les usagers ont notamment profité de l’unité de bactériologie que l’hôpital régional de Ngaoundéré vient de se doter. Aujourd’hui, il est possible de faire un examen et de savoir quel est le microbe qui nous rend malade et quels sont les médicaments qu’on doit utiliser pour arriver à bout de cette infection de manière certaine. Nous avons fait des activités sportives. Nous avons prévu un match de football avec la Crtv, nous avons fait une marche sportive. Nous avons de ce fait sensibiliser la population sur le mal que représente la sédentarité : le fait de rester sur place, de ne pas faire le sport. C’est un facteur de risque cardiovasculaire. Notre service de psychiatrie a été aussi visité. Vous savez, nous avons beaucoup de pathologie psychiatrique dans notre région mais qui se traitent généralement chez les tradipraticiens. Nous avons ouvert nos portes. Beaucoup ont compris, et sont venus. Des diagnostiques sont posées. Les malades sont entrain d’être pris en charge. Nous avons dépisté trois cas suspects du cancer du col de l’Utérus. Les patients ont été prélevé. Les prélèvements sont envoyés au centre pasteur, nous attendons les résultats. Si on dépiste un cas de cancer très tôt, on est sûr d’en venir à bout mais si on le dépiste tard, on est sûr que c’est la mort. Le service buccodentaire a également ouvert ses portes en consultant gratuitement, parce que la santé buccodentaire est importante. Les problèmes digestifs commencent au niveau de la bouche. Si vous mâchez mal les aliments vous aurez les problèmes de digestion, si vous avez un abcès buccodentaire vous aurez des complications cardiaques. Donc à travers ces activités, nous avons pu rendre service, nous avons rendu service à la population, nous avons pu avoir des feedbacks positifs et négatifs sur notre manière de faire. Ce qui va certainement nous amener à améliorer notre service en direction de notre population. Donc c’est un bilan satisfaisant à notre goût.

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Dr Mohamadou Hassimi
Dr Mohamadou Hassimi, Directeur de l’hôpital régional de Ngaoundéré

 Une semaine d’excellence, pour quoi faire ?

Une semaine d’excellence pour 3 choses. Pour l’hôpital, ça nous permet d’avoir un feedback de la communauté comme je le disais tantôt. Des choses positives pour lesquelles nous devons persévérer, des choses négatives que nous devons changer. Parce que nous sommes au service de la population et forcement nous devons être à l’écoute de cette population et avoir un feedback a travers les émissions et leurs fréquentations. Deuxièmement, permettre aux populations d’accéder à l’hôpital régional de Ngaoundéré, en les informant sur un certains nombre de pathologies qui ont un impact en santé publique. Le diabète, l’hypertension, le cancer, les pathologies buccodentaires, la sédentarité, l’hygiène de vie, commenter, informer les populations les éduquer sur ces pathologies, leur permettre de connaître leur statut. Aborder les jeunes et de leurs faire bénéficier du package qu’offre l’hôpital régional de Ngaoundéré. La troisième des choses, c’est de primer l’excellence, la sanction positive. Pendant toute l’année, les personnels sont passés aux conseils de disciplines, au comité de lutte contre la corruption, au comité d’éthique c’est une sanction négative pour ceux qui se comportent mal. Maintenant ceux qui se comportent bien, méritent dont être encouragés. Et nous avons également des personnes qui partent du mauvais camp vers le bon camp. Ce prix de la déontologie et éthique, est l’initiative de Kildadi Taguiéké Boukar, gouverneur de la région de l’Adamaoua. Il consiste à mettre en concurrence les personnels pour les encouragés à avancer. L’autre chose non moins important, c’est que la journée de l’excellence qui a clôturé notre semaine d’activité, est une prescription de notre hiérarchie administrative qui demande de primer les meilleurs afin d’étoffer la corruption et les dérives éthiques.

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Qu’est ce qui fait la particularité de cette 2ème édition ?

Bien évidemment, l’objectif est le même. Cette fois-ci le package est plus intense. La précédente était une édition d’initiation. Nous avons dû en ajouté beaucoup d’activités qui n’existaient pas. La fois dernière nous avons primé des personnes excellentes, mais cette fois-ci nous avons dédié toute une journée à l’excellence professionnelle. La fois dernière ils y avaient toutes ces activités, mais la période n’avait pas été bien choisit. Il y avait la fête des bœufs qui était célébré par AMAO, qui empêchait l’adhésion massive de la population. Le concept, l’objectif reste le même, il y a eu plus d’adhésion de la population et nous avons mis la barre très haut et nous espérons faire mieux. Nous remettrons la barre encore plus haut, pour pouvoir atteindre la perfection.

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A l’occasion de cet événement, vous vous êtes également illustrés dans l’humanitaire avec notamment, des actions caritatives dans les orphelinats…

La santé c’est le bien-être ! Nous avons remis les cadeaux de fin d’année aux enfants hospitalisés et nous les avons offerts un arbre de noël. Notre objectif est de leur donner le sourire. Soigner un patient ce n’est pas seulement lui donner des médicaments, c’est également lui dire qu’on s’intéresse à lui, qu’on l’aime et qu’on pense à lui. Ça, c’est la première des choses. Les orphelinats représentent notre problème à nous tous. Vous voyez que la plupart du temps se sont les expatriés qui tiennent les orphelinats. Avant il n’y avait pas d’orphelinat dans les régions du Nord. Quand il y avait un orphelin, la famille le récupère et les sœurs religieuses préparaient juste les biberons et autres. Mais notre société s’est tellement capitalisée. On a plus le sens de partage qui est notre valeur fondamentale au Nord Cameroun. Nous pensons qu’il faut aller vers ces enfants qui n’ont pas choisit être des orphelins, qui n’ont pas choisit être enfant de la rue, pour leur donner un peu de chaleur en cette période de fête de fin d’année. C’est une invite aux autres populations de pouvoir en faire autant pour que les orphelinats disparaissent.

Une telle initiative devrait quand même être pérennisée …

Je voudrais préciser ici que l’idée est celle du directeur de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Mais ce que vous avez vu déroulé pendant une semaine, c’est l’idée de 400 personnes de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Chacun a apporté sa contribution pour l’organisation atteigne ce niveau là. Et concernant les perspectives, c’est la préparation de la 3e édition de la  semaine d’excellence, une autre semaine d’excellence.

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