engagement sur le Coran

« Jurer sur le Saint Coran ou renoncer à son turban de chef ». Telles sont les deux options imposées aux chefs des villages de l’arrondissement de Belel. Dans une vidéo qui fait le buzz sur la toile, l’on voit les chefs des villages de cet arrondissement jurer sur le Saint Coran. Pour faire montre de leur bonne foi à œuvrer pour la lutte contre l’insécurité, les « Djaoros », les moto-taximen, les boutiquiers ainsi que les restaurateurs doivent poser la main sur le saint Coran en signe de clarté. Cette scène se déroule devant le sous-préfet et ses proches collaborateurs. La même scène se déroule dans les autres départements de la région de l’Adamaoua. A Tignère dans le Faro et Déo par exemple, les chefs traditionnels ont « prêté serment » en prenant l’engagement de dénoncer toute personne de connivence avec les preneurs d’otages.

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Lors de sa visite de travail « commandée » personnellement par le chef de l’Etat, le ministre de l’Administration territoriale avait proposé d’intégrer la dimension spirituelle, comme l’un des moyens de lutte contre le phénomène de prise d’otages avec demande de rançons. « Vous savez qu’Allah n’aime pas les hypocrites et les menteurs. Je vous apporte le Coran. Vous allez jurer sur ce Coran et vous savez ce qui va vous arriver si vous êtes complice avec les preneurs d’otages », avait lancé Paul Atanga Nji à Belel, Djohong et Tignère.

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Les autorités administratives aussi.

Alors que les séances de prise d’engagement des leaders religieux, traditionnelles et des jeunes se poursuivent, des voix s’élèvent pour condamner cette initiative mal perçue par plusieurs leaders religieux. « Ce n’est pas au ministre Atanga Nji de nous donner des consignes sur le plan spirituel. Nous sommes mieux aguerris sur ce plan », fulmine de colère un ouléma. « Nous ne sommes pas contre cette initiative. Mais, elle ne devrait pas se dérouler de la sorte. C’est comme si, ces personnes qui jurent sont suspectés de faire partie de ces fauteurs de troubles », dénonce un chef traditionnel.

Pour l’instant, cette prestation de serment sur le Coran n’est pas étendue aux autorités administratives comme l’avait suggérer le lamido de Banyo lors de la réunion de sécurité organisée le 03 février dernier dans la salle de conférence du Bois de Mardock. Pour sa majesté Mohaman Gabdo Yaya, « pourquoi suspecter seulement les chefs traditionnels alors que les autorités administratives sont aussi des potentiels suspects ». « S’il faut lutter contre cette insécurité, nous devons nous investir nous tous. De ce fait, les autorités administratives, politiques et militaires devraient également s’acquitter de ce noble devoir », suggère une élite religieuse dans le Faro et Deo.  « Les autorités administratives et surtout les commandants des brigades des zones reculés devraient même donner l’exemple en jurant sur le Coran ou la Bible », propose une élite de l’Adamaoua.

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