Abbo Aboubakar et Kildadi Boukar

Le gouverneur de la region de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar est remonté contre Abbo Aboubakar, le maire de la commune de Belel. Et pour cause, l’autorité administrative fustige la récente sortie médiatique dans la quelle, Abbo Aboubakar déplore l’enlisement de la situation sécuritaire qui prévaut dans l’arrondissement de Belel. « Nos recettes ont complètement chuté, presque disparues parce que les éleveurs ont déserté les prairies, les commerçants à bétails ont déserté les marchés à bétail. C’était notre principale source de recette. Cela nous a déstabilisés. Nos populations ont également déserté les villages. Tout le monde est rentré en ville: qui à Ngaoundéré, qui à Belel, qui à Meiganga », avait déclaré le maire. Quelques jours seulement après cette déclaration, le gouverneur est sorti de sa réserve.

« Rappel à l’ordre »

Kildadi Boukar, Gouverneur de la région de l'Adamaoua
Kildadi Boukar, Gouverneur de la région de l’Adamaoua

Dans la correspondance N 001/L/H/SDG/SP, du 03 janvier 2018, Kildadi Boukar a dénoncé le « comportement équivoque du maire de la commune de Belel ». Selon l’autorité administrative, « des informations concordantes et dignes d’intérêts révèlent que monsieur Abbo Aboubakar, maire de la commune de Belel, et par ailleurs, PCA de CAMRAIL s’illustre comme une personnalité désormais convertie à la désinformation de la population relativement à la lutte contre l’insécurité dans notre région ». « De manière constante, poursuit Kildadi Boukar, monsieur Abbo, prend le malin plaisir à inciter les populations à défier les autorités administratives, locales et les forces de sécurité et de défense au mépris du sens patriotisme et loyalisme », relève t-il.

Selon le gouverneur, « la duplicité de cette personnalité rend au jour aujourd’hui difficile la lutte acharnée contre le phénomène d’enlèvement de personnes avec demandes de rançon ». Au regard de ce qu’il considère comme un manque de loyalisme, l’autorité administrative « s’interroger sur le loyalisme de ce dernier à qui, l’Etat a fait confiance en le nommant PCA d’une grande société ». « On se serait attendu à ce que ABBO soit le dernier rempart dans la défense de l’Etat », regrette Kildadi Boukar. Celui-ci enjoint au préfet de la Vina de « rappeler l’intéressé à s’amender et de s’abstenir de toute action contraire aux idéaux de paix et de cohésion nationale si chers au président de la République, son excellence, Paul Biya ».

« L’élite en colère »

Abbo Aboubakar, maire de la commune de Belel / PCA Camrail
Abbo Aboubakar, maire de la commune de Belel / PCA Camrail

La correspondance du gouverneur de l’Adamaoua a suscité le courroux de l’élite locale. Celle-ci voit en cette démarche,  « une tentative d’intimidation empreinte d’une volonté de dissimuler la vérité », pense une élite de Bayara. « Au quotidien, des bandes armées enlèvent nos proches,  amies et connaissances. Nous ne dormons plus. Les villages sont vides. Tout le monde fuis la brousse parce que les criminels nous profèrent des menaces de mort. Les autorités passent leurs temps à produire des faux rapports dans les quels, ils disent que la région de l’Adamaoua est calme. C’est faux ! Que les autorités administratives arrêtent de cacher la vérité aux gens », fulmine de colère une autorité traditionnelle.

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Actuellement, plusieurs personnes sont maintenues en captivités dans les arrondissements de Belel, Ngan-Ha, et Martap. Au cours de cette année qui s’achève, au moins 14 accrochages entre les forces de défenses et les preneurs d’otages sont recensé. Au moins 20 malfrats neutralisés, 150 otages libérés, 58 armes de guerres récupérées et 6 preneurs d’otages mis aux arrêts. En outre, plus de 500 millions de franc C FA ont été versé aux preneurs d’otages en guise de rançon. Ces chiffres connaissent une hausse depuis quelques jours. En effet, les preneurs d’otages continuent de faire parler d’eux. Le dernier cas en date, c’est l’enlèvement de Mohamadou Maroufou, chef de 3e degré de Yokotondou, localité situé dans l’arrondissement de Ngan-Ha, département de la Vina, région de l’Adamaoua. Ses ravisseurs réclamaient 50 000 000 F CFA pour sa libération.

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La correspondance du gouverneur

correspondance N 001/L/H/SDG/SP
correspondance N 001/L/H/SDG/SP
correspondance N 001/L/H/SDG/SP
correspondance N 001/L/H/SDG/SP

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